La qualification.

Sans la manière et avec la peur au ventre, les Scorpions se qualifient tout de même pour le carré final à Clermont le week-end prochain à l'issue d'un match de folie à Strasbourg. Score : 2 à 2 à 59'54 ; match arrêté par les arbitres, l'équipe de Strasbourg refusant de reprendre le jeu !

Les supporters mulhousiens s'étaient déplacés en nombre à l'Iceberg (+ de 250 personnes) pour soutenir leur équipe dans ce dernier match capital pour la qualification au final four. Si beaucoup pensaient que l'essentiel avait été fait samedi dernier contre Neuilly, Laurent ARNAUD quant à lui se montrait très prudent cette semaine lorsqu'il évoquait cette dernière confrontation des play-off. Et si certains avaient déjà leurs pensées tournées vers Clermont-Ferrand, il fallait encore franchir cette dernière marche. Les données étaient claires : défaite interdite, de même que toute blessure ou pénalité de match.

En effet, les résultats des précédentes confrontations avaient montré qu'il faut toujours se méfier de cette équipe de Strasbourg à la composition si différente d'un match à l'autre. D'autre part, même si les Bas-Rhinois étaient éliminés depuis quelque temps déjà pour la course au carré final, on pouvait craindre un match difficile dans ce derby alsacien. La rivalité entre les deux clubs est importante, et il était plus que probable que Strasbourg allait tout tenter pour s'imposer sur sa glace et laisser les Scorpions à la porte des qualifications. Et cela allait être vérifié avant même le coup d'envoi, lorsque sur la feuille de composition de Strasbourg était noté pour la première fois de la saison le nom de Mathieu REVERDIN, l'international junior pensionnaire de l'équipe de Ligue Magnus !

Le ton était donc donné : les Strasbourgeois ne monteraient pas ce soir sur la glace pour faire de la figuration, bien au contraire ! Mulhouse démarre fort ce premier tiers en partant tout de suite à l'assaut de la cage gardée par Ludovic RIO. Et on pense tout naturellement que Mulhouse va très rapidement ouvrir le score lorsqu'à 53'' de jeu, Strasbourg écope d'une première pénalité. Mais comme la semaine dernière, les Scorpions peinent à installer leur jeu de puissance et un frisson parcourt le dos de tous les supporters, lorsque CHARMASSON s'infiltre en contre derrière le dos des défenseurs mulhousiens et que REVERDIN se montre très dangereux devant MARTEL qui est déjà obligé de sortir un gros arrêt. HERBRECHT et BRINGUET inquiètent à leur tour RIO sans pour cela trouver la faille ; mais c'est Romain PIERREL qui manque de peu d'ouvrir le score par un tir puissant à ras de glace. RIO qui s'apprêtait à récupérer le palet au fond de sa cage est tout contant de voir qu'il est resté coincé sous ses jambières. La grosse charge dont il a été victime au début de la période, empêchera BRINGUET de remonter sur la glace pendant près de 15 minutes. Sans leur capitaine, les Scorpions se montreront alors bien fébriles dans leurs contrôles, leurs passes et la construction de leur jeu. A l'engagement, Baptiste PERLE envoie un missile à MARTEL qui heureusement repousse le palet. De l'autre côté, ni LACAN qui loupe une passe en or, et ni MAINDRON n'arrivent à inquiéter le gardien strasbourgeois. Et une fois de plus, suite à un gros pressing de Strasbourg, c'est une nouvelle fois CHARMASSON qui se retrouve bien oublié par la défense adverse et a une belle occasion de but. FOHRER répond en effectuant une très belle remontée de patinoire mais DA SILVA ne trouve malheureusement pas le cadre alors que la cage de RIO est grande ouverte. Mulhouse n'est que l'ombre de lui-même dans cette première période : passes loupées, contrôles approximatifs, dégagements sur l'adversaire,...) et du coup, c'est indiscutablement Strasbourg qui se montre souvent plus dangereux en effectuant de belle combinaisons. MEHL, REVERDIN, BASTIAN tentent leur chance mais MARTEL est là ! Mais à force de tenter le diable, c'est Strasbourg qui ouvre le score à 16'37 par BASTIAN sur passe de Mathieu REVERDIN. (1 - 0) Et moins d'une minute plus tard, l'addition manque de se corser. MARTEL doit en effet repousser plusieurs attaques adverses sur différents fronts. Dans l'action, il bouge sa cage et un but de Strasbourg est refusé. Mathieu REVERDIN proteste auprès des arbitre et se retrouvera sanctionné de 10' de pénalité de méconduite alors que MARTEL se voit infliger 2' pour retard de jeu. BRINGUET revient au jeu deux minutes avant la sirène et il retrouve PIERREL pour se montrer dangereux face à RIO. Malgré quelques cafouillages devant sa cage, celui-ci s'impose à chaque fois.

Dès la reprise de la deuxième période, BRINGUET part à nouveau à l'assaut du but strasbourgeois. Après avoir fait le tour de la cage, il insiste pour glisser le palet entre le poteau et la jambière de RIO, mais celui-ci ferme bien son angle. Victime d'un très vilain geste qui malheureusement n'est pas remarqué par les arbitres, Thibaut FOHRER est obligé de quitter définitivement le jeu victime d'un gros hématome au genou. Les Scorpions continuent à se montrer brouillon et buttent sur une défense en zone compact de Strasbourg ; ils ne trouvent pas d'autres solutions que d'effectuer des tirs lointains sur RIO qui ne s'en affole aucunement. Le jeu se durcit et Strasbourg se retrouve en double infériorité numérique. Et à 23'52, c'est NORDIN, aidé par Herbrecht et Da Silva, qui va enfin trouver la faille chez Ludovic RIO et ainsi marquer le but égalisateur (1 - 1). Mais si ce but soulage bien entendu les spectateurs mulhousiens, la prestation de l'ensemble de leur équipe ne les rassure toujours pas. Qu'est-ce qu'il se passe dans la tête des joueurs qui accumulent les maladresses. Rien ne fonctionne ce soir ! Toutefois, répondant à une attaque strasbourgeoise, BRINGUET part seul en contre à la 28ème minute mais il n'arrive pas à tromper le portier bas-rhinois qui fait indiscutablement un match exceptionnel. De leur côté, HERBRECHT, ou bien MAINDRON, ne sont pas plus en veine ce soir et peinent à trouver leurs marques ; toutes leurs actions sont vite avortées. Les Mulhousiens se font souvent peurs en faisant de grandes relances par le centre, passes interceptées par les attaquants strasbourgeois. De même, les Scorpions perdent trop d'engagement pour pouvoir construire leur jeu. A 32'27, BASTIAN met en difficulté MARTEL par deux tirs consécutifs, mais EYERMANN rate heureusement la reprise. Une minute plus tard, les visiteurs se retrouvent une nouvelle fois à 5 contre 3, mais ne peuvent installer leur jeu de puissance ; ils se contentent de tirer de loin sur le gardien. Et à 35'42, c'est Strasbourg qui se montre le plus combatif et le plus opportuniste en récupérant un palet perdu par Mulhouse. C'est Damien MEHL qui trouve le chemin des filets. (2 - 1) C'est encore un REVERDIN, mais cette fois-ci Thomas, qui est à deux doigts d'alourdir la marque en partant en contre. HERBRECHT ne peut que faire la faute pour l'empêcher d'aller au but. Certains joueurs commencent à s'énerver et les pénalités pleuvent. Et à ce jeu-là, c'est Strasbourg qui se montre le moins discipliné, à l'image de son responsable d'équipe qui perd sa retenue face aux arbitres, ce qui amène une pénalité de banc mineure pour son équipe. Mais une fois de plus, Mulhouse n'arrive pas à en profiter.

La troisième période s'annonce très difficile pour les Mulhousiens obligés de courir après le score. La tension est à son comble dans les gradins. Le jeu est haché par les incessantes discussions des Strasbourgeois avec les arbitres. Pour la troisième fois en double supériorité, Mulhouse effectue de nombreux tirs sur RIO, mais décidément, ce dernier a décidé ce soir de faire le match de sa vie ! Et lorsqu'il est battu (comme sur le tir puissant que BRINGUET propulse en direction de sa cage), c'est ses poteaux qui sont avec lui ; quand c'est pas le jour.... Les Strasbourgeois continuent à se plaindre à tout bout de champ ; le seul point positif, c'est que les Mulhousiens arrivent à rester calme et à ne pas entrer dans le jeu de provocation qu'essayent d'imposer leurs adversaires. MAINDRON retrouve un peu son jeu si combatif qui est le sien d'habitude, mais lorsqu'il arrive à transpercer la défense adverse, ce sont ses coéquipiers qui n'arrivent pas à conclure. Mulhouse sort un peu la tête de l'eau et se montre un peu plus dominateur en ce milieu de tiers-temps, mais les occasions sont mal gérées et n'aboutissent pas. A 48'10, le deuxième but mulhousien est sur le bout de la palette de BRINGUET mais rien ne réussit ce soir. Il continue alors de tirer de loin sur RIO alors que cette tactique ne réussit pas depuis le début de la rencontre ; le portier strasbourgeois, qui est sur toutes les trajectoires, ne concède que très peu de rebond. RODA se distingue lui-aussi par de belle remontées de patinoire, mais n'arrive pas plus à feinter le gardien. Les minutes commences à défiler très vite, et à force de vouloir partir à l'attaque, les Mulhousiens s'exposent aux contres. Strasbourg a plusieurs énormes occasions à la 54ème minute, mais MARTEL ne faillit pas, comme à la 56ème minute en subtilisant du bout de sa crosse un palet à un attaquant strasbourgeois qui n'avait vraiment plus grand chose à faire pour marquer. Le public mulhousien donne de la voix pour pousser son équipe ; cette dernière lance ses dernières forces en direction du but adverse mais bute sur une défense imperméable. Laurent ARNAUD demande un temps mort à 57'44 afin de donner les derniers conseils à ses joueurs qui commencent à accuser le coup. Et à 58'25, DA SILVA qui ce soir aura joué aussi bien en attaque qu'en défense, arrive à faire une passe millimétrée devant RIO qui ne peut empêcher BRINGUET de dévier le palet et le glisser sous lui. Malgré les protestations des Strasbourgeois, l'arbitre, parfaitement bien placé, valide le but. (2 - 2) Le public exulte et est debout pour aider son équipe à tenir encore 1'30 avant le coup de sirène final. Un match nul suffit en effet pour obtenir la qualification au final four.

Les joueurs strasbourgeois s'énervent et commettent des fautes comme KROPP qui écope d'une 2' + 10' pour charge dans le dos. Mais les Bas-Rhinois n'abdiquent pas et se battent comme des beaux diables, comme s'ils jouaient le titre.  PIERREL et NORDIN lancent une dernière attaque mais RIO est encore là. Et à 59'54, alors que les arbitres infligent une pénalité de chaque côté, le joueur strasbourgeois refuse de regagner le banc des pénalités et c'est une dizaine de joueurs qui provoquent alors les arbitres en frappant leur crosse sur la glace et en les invectivant. Les officiels n'arrivent pas à calmer les joueurs qui refusent de reprendre le jeu malgré l'injonction qui leur est faite. Les arbitres décident alors d'arrêter le match 6 secondes avant la fin officielle.

Les joueurs mulhousiens se congratulent, heureux d'avoir assuré leur qualification à travers ce match nul, après avoir traversé ce soir un véritable enfer. Le public mulhousien leur fait une véritable ovation pouvant enfin penser au week-end de Paques auvergnat qui s'annonce.

Mais quel va être réellement le résultat de ce match ? Et la question est d'importance pour pouvoir classer les 4 équipes en compétition et déterminer le planning des rencontres sur les trois jours. La fédération devra donc très rapidement se prononcer sur l'incident qui a émaillé la fin de la rencontre. Le rapport des arbitres est des plus clair sur le refus des Strasbourgeois de vouloir reprendre le jeu et l'attitude des joueurs qui ont tourné en dérision les décisions arbitrales et ont empêché le bon déroulement de la rencontre. Cette attitude risque d'être sanctionnée par la perte du match par forfait (5 - 0 en faveur de Mulhouse), - 1 point au classement, et le paiement d'une pénalité financière.

Les tous prochains jours devraient nous apporter des précisions quant à cette affaire.

Quoi qu'il en soit, les joueurs devront très vite réfléchir à ce qu'ils ont vécu ce soir, et analyser le non-match qu'ils ont fait contre Strasbourg, très probablement noués par l'enjeu de la rencontre. Il faudra en tirer des enseignements constructifs pour ne pas revivre la même situation contre Clermont, Font-Romeu et Caen qui attendront les Scorpions de pieds fermes et qui ne leur feront, eux-aussi, aucun cadeau.

Mais aucun match ne ressemble à un autre (bien heureusement) et demain est une autre histoire ...

Christian C.

 

Pour Strasbourg :

- 16.37 : BASTIAN (REVERDIN M.)
- 35.42 : MEHL

Pour Mulhouse :

- 23.52 : NORDIN (Da Silva/Herbrecht)
- 58.25 : BRINGUET

 

Pénalités : 72' pour Strasbourg (16 x 2' + 4 x 10') / 14' pour Mulhouse (7 x 2') 

Tirs cadrés : 28 pour Strasbourg (10 - 13 - 5) / 49 pour Mulhouse (14 - 18 - 17)

Engagements gagnés : 42 pour Strasbourg / 37 pour Mulhouse

 

lien vers la feuille de match

 

article de l'Alsace du 27/03/07

article de l'Alsace du 29/03/07

article des DNA du 30/03/07

 

article de l'Alsace du 02/04/07

article des DNA du 03/04/07