Spectacle et suspens... Mulhouse 8 - Dunkerque 7
Les quelques 700 spectateurs qui avaient choisi de venir à la patinoire de l'Illberg hier soir n'ont sûrement pas regretté leur décision, car ils ont passé indiscutablement une superbe soirée de hockey comme on aimerait en voir tout le temps !
Et pour cela, il fallait deux équipes de qualité : Mulhouse et Dunkerque ont parfaitement joué ce rôle.
Si les Nordistes comptaient quelques absents dans leurs rangs, dont Delbarre, suspendu pour un match suite à une altercation lors du match contre Chambéry la semaine passée, les Scorpions devaient également se passer de Cyril ARRIAL, se remettant doucement d'un problème de clavicule, et du défenseurThomas WATERLOT également blessé. Par contre, au niveau de l'attaque, Lucas TREMELLAT signait son retour dans le club de ses débuts, après un long périple en Suisse et les deux dernières années au sein de l'entente alpine du "Mont-Blanc".
Tout le monde s'attendait donc à un match très engagé entre deux équipes occupant les premières places du classement provisoire.
Et finalement, heureusement que la rencontre à commencé avec 8 minutes de retard consécutives à la quantité impressionnante d'eau qui restait encore sur la glace après le passage de la surfaçeuse, car cela a permis aux quelques retardataires, de ne pas manquer un début de rencontre qui a commencé sur les chapeaux de roues, avec pas moins de 4 buts marqués en un peu plus de 3 minutes !
Et ce sont les Mulhousiens qui ouvrent leur compteur au bout de 33 secondes de jeu par une première action menée par Croteau et conclue par TUPY qui trompe la vigilance de DE BACKER, le portier dunkerquois. (1-0). Mais dès la remise en jeu, la réplique est instantanée et Dunkerque revient immédiatement au score à la 47ème seconde par VAN DESTEENE bien servi par Arnaud PEAN. MARTEL ne peut rien faire sur ce premier lancé adverse (1-1). Ce début de match est totalement fou, les deux équipes se ruant à tour de rôle à l'assaut des cages adverses, et c'est une nouvelle fois Mulhouse qui prend l'avantage par un bon travail de Croteau et Rahm ; OULIK ne tremble pas pour reprendre le rebond laissé par le portier nordiste (2-1). Et une minute plus tard, alors que les deux équipes évoluent à 4 contre 4, Dunkerque revient une nouvelle fois à la marque par DESTOOP sur passe de Pean, ce dernier qui sera d'ailleurs très présent pendant toute la suite de la rencontre.
Le rythme continue à être très rapide des deux côtés ; le tir de Tin passe juste à côté de la cage adverse et Croteau est à deux doigts de marquer suite à une belle récupération de palet. De l'autre côté, c'est encore Destoop qui part en contre, mais son tir puissant aboutit sur Martel. Sur la relance, c'est Aubry qui tente également sa chance, sans succès, Pean et Van Desteen répliquant à leur tour.
A 11'38, Mulhouse écope de 2' de pénalité pour surnombre. C'est désormais classique, les Scorpions, en infériorité, partent en contre et ont une énorme occasion de reprendre l'avantage suite à une très belle combinaison entre Aubry et Croteau. Mais sur l'action suivante, c'est Dunkerque qui trouve le fond du filet mulhousien par DEREPPER suite au travail des diables de Destoop et Pean. (2-3)
Une minute plus tard, c'est Mulhouse qui se retrouve en supériorité suite à une obstruction sifflée contre Van Desteene. Les Scorpions installent leur jeu de puissance en zone adverse et Tupy adresse deux tirs puissants à l'intention de De Backer qui ne laisse rien passer, tout comme il ne se laisse pas tromper par le tir de revers d'Aubry sur passe de Tremellat.
Mulhouse presse pour revenir au score avant le retour au vestiaire, à l'image de Bringuet et Oulik. Pierrel se retrouve seul devant le gardien mais ce dernier ne tremble pas ; et suite à une stupide pénalité infligée à Lyon pour attitude anti sportive, Dunkerque fait parfaitement et rapidement circuler le palet dans la zone de Mulhouse et marque son 4ème but à 19'47 par THOMAS, assisté de l'ancien international Dewolf et de N'Guyen.
Les Scorpions regagnent donc leurs vestiaires avec deux buts de retard, situation encore inconnue à domicile depuis le début du championnat.
Et c'est encore Dunkerque qui se montre le plus dangereux en ce début de deuxième tiers par Thomas, Destoop et Pean mais Martel veille. Mais les Mulhousiens doivent remonter leur retard et se mettent également à faire le pressing. A 23'50 Bringuet a une grosse occasion mais le palet ne veut pas rentrer. Aubry et Pierrel n'y arriveront pas davantage. Les Scorpions à l'attaque se font parfois surprendre par des contres dangereux comme par Louf à la 27' minute ou Destoop un peu plus tard. Et N'Guyen, laissé bien seul par la défense adverse, est a deux doigts de marquer à la 32ème minute mais le palet est repoussé d'un magistral lancé de botte de Martel. Denis, l'obligera également à sortir un "arrêt-mitaine" tout aussi spectaculaire.
Dunkerque accélère et fait feu de tout bois ! Martel s'interpose, une fois, deux fois, mais ne peut que céder sur le troisième lancé de PEAN à 33'49 (2-5). Mulhouse réplique moins d'une minute plus tard par PIERREL qui reprend le rebond concédé par De Backer (3-5). Et l'avance des Nordistes continue dès la remise en jeu, puisque sur un beau travail collectif de Van Desteene et Derepper, DESTOOP marque le 6ème but pour son équipe (3-6).
Mulhouse prend l'eau, d'autant plus qu'une nouvelle fois en infériorité numérique suite à une faute de Tupy, Dunkerque enfonce encore plus le clou à 39'23 : sur un changement de ligne hasardeux, Grégory Dubois s'empare du palet et le passe immédiatement à Karl DEWOLF qui se retrouve totalement seul face à Martel qui ne peut rien contre le missile qui lui est adressé de la ligne bleue. Le palet passe juste sous sa barre transversale : un but superbe ! (3-7). Les trois nouveaux but de Dunkerque dans cette deuxième période font mal ; et bien peu aurait pu s'engager à ce moment-là pour prédire un autre sénario qu'une cuisante défaite des Mulhousiens dans cette rencontre.
Mais, juste avant la sirène de fin de deuxième période, Dunkerque se voit infliger 2' de pénalité pour une faute de Thomas mais également de 10' de méconduite à un de ses meilleurs défenseur, Benjamin Louf. L'absence du défenseur sur la glace aura sans aucun doute une grande importance pour la suite du match !
Mulhouse est donc fermement décidé à ne pas se laisser faire à l'entame de la troisième période. Quelles ont été les paroles de Laurent ARNAUD durant l'ultime pause ? En tout cas, les Mulhousiens se présentent sur la glace sous un tout autre visage que pendant la deuxième période. Mais avec 4 buts de retard, la mission n'est-elle pas impossible ?
Ce sont tout d'abord Aubry et Croteau qui s'illustrent quelques secondes après l'engagement, mais le palet est bloqué par De Backer. A 41'13, c'est Pierrel, bien servi par Tupy qui a également une grosse occasion. Mais le travail de tous va se trouver récompenser à 41'26 : les Scorpions, toujours en supériorité numérique, font bien circuler le palet dans la zone de défense de Dunkerque ; la rondelle arrive dans la crosse d'Aubry, en position défensive sur les supériorité, et ce dernier, d'un tir flottant, trouve la lucarne droite du portier nordiste. (4-7). Le chemin est encore long, mais l'espoir renait !
Martel retrouve également sa sérénité lorsqu'il faut bloquer les contres de Dunkerque, comme celui de Destoop une minute plus tard. Et Mulhouse continue à y croire ; à 44'20 Bringuet, comme un beau diable, efface tous les défenseurs adverses mais bute sur le gardien. Immédiatement sur la relance, c'est Dubois qui alerte Martel d'un énorme shoot ; Martel ne peut que relacher le palet, mais ce dernier est heureusement récupéré par la défense mulhousienne. Et sur un gros travail collectif, les Scorpions marquent à 45'18 leur 5ème but par MAINDRON, très lucide devant la cage, après avoir reçu la passe d'Aubry (5-7). Le coup de massue de la fin de la deuxième période semble effacé, et les spectateurs, entraînés par les Ultras, donnent de la voix pour porter leur équipe.
Laurent Arnaud donne du sang neuf à son équipe depuis le début du tiers, en faisant à nouveau monter certains joueurs un peu plus préservés pendant le deuxième période. Le rythme s'accélère ; Croteau, encore lui, s'en va seul inquiéter par deux fois le gardien adverse, et même en infériorité, malgré les actions dangereuses de N'Guyen et Dewolf, Mulhouse arrive à s'installer dans la zone de défense de Dunkerque.
Et à la 50ème minute, AUBRY qui part en contre, est brutalement séché par derrière : c'est le pénalty !
Et AUBRY, qui aura été réellement l'élément moteur du réveil mulhousien, va se faire justice lui-même en mystifiant De Backer d'une superbe feinte (6-7). L'ambiance est indescriptible dans les gradins de l'Illberg ! Mais 25 secondes plus tard, tous les spectateurs seront debouts, lorsque OULIK, assisté par Bringuet et Tupy marquera le but égalisateur pour Mulhouse, désormais en pleine confiance (7-7).
Martel lui-aussi montrera toute sa classe sur un très bel arrêt mitaine sur le tir puissant de Denis et s'imposera encore peu de temps après face à Dewolf. Enorme !
Dunkerque pert pied et se montre nerveux. Les pénalités tombent. A 55'26 Mulhouse se retrouve en supériorité numérique ; Laurent ARNAUD demande son temps mort pour mettre au point sa stratégie avec ses joueurs. Et l'opération va se montrer payante, puisqu'à la 56ème minute, CROTEAU, magnifique, va inscrire le 8ème but pour son équipe (8-7). La patinoire est en ébullition !
Il faut encore tenir pendant les 4 dernières minutes. Tous les joueurs se donnent à fond pour annihiler les dernière tentatives nordistes. A 59'20 Romain Pierrel récupère le palet dans la zone, trébuche, et arrive encore à tirer bien qu'étant à genoux ; le gardien relance, et un vent glacial souffle dans la patinoire lorsque trois Dunkerquois se lancent à l'assaut de la cage mulhousienne, n'ayant plus qu'un seul défenseur devant eux ; De Backer sort pour qu'un sixième joueur de champ puisse monter sur la glace. Mais manquant indiscutablement de lucidité, N'Guyen ne donne pas le palet à ses coéquipier et décide de tirer de loin sur Martel qui s'impose.
Mulhouse remporte sa 5ème victoire de la saison ! une victoire acquise dans la douleur certes, mais une victoire magnifique tout à l'honneur des joueurs mulhousiens qui ont fait preuve d'un courage et d'une volonté sans pareil pour remonter un handicap que tout le monde pensait insurmontable. CHAPEAU MESSIEURS !
Un match qui montre bien qu'en sport, rien n'est jamais acquis, rien n'est jamais perdu ; un match qui a sans aucun doute ravi les spectateurs qui ont fait une longue ovation à leurs joueurs à la fin de la rencontre.
Au passage, un grand bravo aux deux arbitres qui ont parfaitement su gérer le match afin que le jeu puisse s'exprimer pleinement.
Mais espérons que cette rencontre ne laissera pas trop de traces dans les organismes avant le prochain grand rendez-vous qui aura lieu dès mardi, à l'Illberg, pour la deuxième journée de la Coupe de France. Et c'est du costaud que les Scorpions recevront le 30 octobre à 20h30, puisque c'est l'équipe de Ligue Magnus d'Epinal qui a été désignée pour être son adversaire du jour.
Malgré la différence de niveau entre les deux équipes, espérons que nous aurons à nouveau droit à une superbe rencontre, comme celle d'hier ; et puis, pourquoi pas... il n'est pas interdit de rêver !
Christian C.
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