Mulhouse - Toulouse : Victoire des Scorpions sur le score de 10 à 1
174 ! Dans certains patinoires françaises, cela aurait très bien pu être le chiffre des spectateurs... Mais non, cela a été le triste chiffre des minutes de pénalités distribuées hier soir par le duo arbitral dans un match où marrons et chataignes ont bien été les fruits de saison au détriment de l'intéret sportif.
Les Mulhousiens avaient pourtant hâte de rencontrer cette équipe de Toulouse, inconnue pour eux à ce jour, et qui venait en terre Alsacienne forte de deux victoires déjà. C'était également l'occasion pour les fidèles supporters des Scorpions de revoir sur la glace de l'Illberg le très apprécié Tommy FLINCK, qui avait été l'un des artisans finlandais (avec son compatriote Antti Ahokas) de l'essort du hockey mulhousien à partir de 97 jusqu'à sa montée en élite pour la saison 2001/2002. Tommy avait alors rejoint l'équipe de l'étoile noire de Strasbourg pour en être encore le capitaine l'année dernière pour leur première saison en Ligue Magnus.
Mais cette rencontre était également l'occasion pour certains jeunes joueurs formés dans certains clubs du "Grand-Est", comme Martin Serra, Nicolas Blum ou Kévin Benchabane, de revenir respirer l'air frais de Mulhouse.
Du côté des rangs alsaciens, si le départ brutal en début de semaine du défenseur suédois Sylvester Selster avait déjà alimenté les débats sur le forum, un autre défenseur, Thomas Waterlot, manquait toujours à l'appel, se remettant doucement d'une blessure contractée lors d'un match espoir.
Les acteurs étaient donc là, et la rencontre pouvait commencer sous le contrôle du duo arbitral Durand-Catarino.
Lle match commence sur les chapeaux de roue lorsque les Mulhousiens écopent d'une première pénalité pour une obstruction de Bringuet, donnant d'entrée une dangeureuse supériorité à Toulouse. Si Ruokamo et Croteau procèdent en contre, Alexis Codevelle, totalement oublié à la ligne bleue par la défense, se retrouve en face à face avec Martel qui s'impose bien heureusement. Les Mulhousiens reprennent rapidement leurs esprits et on assiste à de belles combinaisons entre Bringuet et Quinto qui ne trouvent pas la faille.
A 3.30, Romain Pierrel, qui fêtait ses 23 ans hier soir, manque de peu de s'offrir le premier but en cadeau d'anniversaire lorsqu'il se présente devant la cage de Xavier Chatelin totalement désertée par ce dernier qui était parti à droite sur une action précédente. Malheureusement, il n'arrive pas à contrôler son palet.
Les Mulhousiens dominent leur sujet dans ce début de partie. Le jeu est rapide et précis, et les actions nombreuses. Tremellat et Ruokamo s'essayent au tir, mais le gardien adverse veille.
A la 5ème minute, Eloranta et Preuss amènent le palet au fond des filets, mais le but est refusé suite à un contact entre un joueur mulhousien et le gardien.
Les Scorpions continuent à presser, et s'exposent parfois à de dangereux contres, comme celui de Damien Gadiot à la 6ème minute qui oblige Martel à s'y prendre à plusieurs fois pour contrôler le puck.
La première pénalité toulousaine est sifflée à la 7ème minute ; les hommes du capitaine Bringuet s'installent en zone et font rapidement circuler le palet. Les défenseurs adverses sont dépassés et sur passe de Tupy et Croteau, BRINGUET ouvre le score à 7.37 (1-0). Déjà, on peut percevoir quelques signes d'énervement entre les joueurs des deux équipes ; Quinto, voulant sans doute s'expliquer avec un adversaire, tombe les gants devant les yeux de l'arbitre. Il est prié de rejoindre le banc des pénalités. Le jeu continue néanmoins à être très agréable et aux actions de Benoit Pourtanel et de Martin Serra, répondent celles de Ruokamo et Croteau. Romain Pierrel, est également très inspiré, mais son tir parfaitement cadré en pleine lucarne, est repoussé au dernier moment par Chatelin.
Mulhouse continue parfois à pécher par un excès de confiance et Durta doit fournir un énorme effort pour revenir sur un attaquant toulousain très dangereux. L'équipe locale trouve ses marques, et sur une nouvelle supériorité numérique, Tupy, puis Herbrecht à deux reprises sont à deux doigt de marquer. Mais, après quelques difficultés à s'installer en zone adverse, Tupy adresse un gros tir sur le gardien qui concède le rebond ; celui-ci est repris immédiatement par CROTEAU à l'affut devant la cage (2-1 à 13.18). Les Toulousains sont dominés et commencent à accumuler les fautes. Tomas Tupy est très en forme ce soir et ce montre particulièrement dangereux à maintes occasions. Mulhouse continue à dominer et les Toulousains répondent par des mises en échec de plus en plus appuyées à l'image de Stahre qui se fait déjà bien brasser à la balustrade par Terry Prunier. Toulouse continue à procéder en contre sans vraiment inquiéter Martel. Aubry est néanmoins obligé de se jeter devant le tir de Martin Serra au terme d'une belle phase défensive. Croteau se démène comme un beau diable pour tuer une pénalité infligée à Maindron 1'30 avant la fin du tier ; et cela paye, puisque 30 seconde avant la sirène le palet est récupéré par Pierrel qui transmet immédiatement à TUPY posté devant la cage adverse. La cage a-t-elle bougée ? Le but a-t-il été marqué du patin ? Les Toulousains protestent mais l'arbitre valide ce troisième but mulhousien marqué en infériorité numérique (3-0 à 19.29). Les deux équipes rejoignent les vestiaires.
Mulhouse reprend la partie en infériorité, mais les Toulousains n'arrivent pas à construire leur jeu. Quinto et Blum écopent tous deux d'une pénalité et, à 4 contre 4, Flinck s'empare du palet et se présente seul devant Martel. Ce dernier ne tremble pas ! Les Scorpions bénéficient à leur tour d'une supériorité numérique. Après une très belle action de Tupy, Croteau et Ruokamo qui ne trouve pas le cadre, les Mulhousiens prennent leur temps en zone offensive. Les minutes défilent, et à 1 seconde avant la fin de la pénalité, le jeu de passe se conclut par un très beau tir de STAHRE de la ligne bleue qui transperse Chatelin (4-0 à 25.52).
Moins de deux minutes plus tard, tout le monde croit au 5ème but, mais ce n'est que le petit filet qui a bougé !
Mulhouse continue à dominer les opérations et les Toulousains n'arrivent pas à trouver de solution, d'autant plus que Martel est une fois de plus dans un grand soir, comme devant les actions dangereuses de Pourtanel ou Prunier. Les Belougas semblent quelque peu perdre patience, vexés de ce voir ainsi dominer. Le jeu commence à être un peu moins précis dans cette deuxième partie de 2ème tier, remplacé par un plus grand engagement physique entre les joueurs des deux équipes qui ne se font aucun cadeau. Pierrel continue à virevolter dans la défense adverse alors qu'Eloranta fournit un superbe travail afin d'empécher Toulouse de profiter d'un supériorité numérique.
Mais, sur une action quelque peu anodine, le palet est bloqué par une crosse laissée à terre. Pradel le récupère et le transmet à Ribanelli, tout heureux de le transmettre à son tour à FLINCK, une fois encore totalement oublié devant Martel. Cette fois-ci, l'attaquant aura raison des opération, et le portier mulhousien s'incline pour la première fois de la partie (4-1 à 33.37).
Cette ouverture du score redynamise les Toulousains. Le jeu se durcit encore, les provocations fusent et les esprits s'échauffent. Après Stahre, prié de rejoindre le banc des pénalités, ce sont Quinto et Bringuet qui prennent à leur tour 10' de méconduite pour avoir quelque peu perdu leur contrôle. Le jeu devient de plus en plus haché et brouillon en cette fin de tier et l'atmosphère devient électrique sur la glace. Benchabane s'empare du palet et fonce à la rencontre de Martel qui une fois encore emporte son duel !
Les Toulousains jouent visiblement la provocation afin de déstabiliser les joueurs alsaciens. Aubry en commet une grosse erreur en zone défensive qui aurait pu se payer casch par Barin qui voit son tir repoussé par Martel.
Les agressions sur les joueurs mulhousiens se font de plus en plus nombreuses, et, ce que l'on redoutait depuis quelques minutes déjà, arrive à 38.47 de jeu. Eddie Stahre se fait littéralement exploser contre la balustrade par Emmanuel Delpet. Les arbitres ne sifflent pas ! il n'en faut pas plus pour que les joueurs décident de se faire justice eux-mêmes. La bagarre générale éclate sous les hurlements d'un public scandalisé par les provocations toulousaines auxquelles il assistent depuis plusieurs minutes déjà. Après un long moment de palabres, les arbitres décidents de sanctionner pas moins de 7 joueurs sur cette action, distribuant allègrement pénalités mineures et pénalités de méconduites évitant ainsi aux joueurs de prendre directement le chemin des vestiaires.
Mulhouse se retrouve avec pas moins de 8 joueurs sur son banc des pénalités : une situation rarement vue !
La sirène arrivera à temps pour calmer tout le monde, joueurs et public.
Toulouse commence ce troisième tiers en double supériorité, mais les Mulhousiens, obligés d'évoluer avec les jeunes un peu moins utilisés jusque-là, vont tenir bon. Et ils vont d'ailleurs faire bien mieux que cela, puisque, à peine au complet sur la glace, RUOKAMO va marquer le 5ème but pour son équipe d'un tir quelque peu anodin de Da Silva, habilement dévié dans un trou de souris (5-1 à 43.28).
Une fois encore, Toulouse essayera bien de réagir par une montée solitaire de Wagret, mais c'est sans compter avec le talent de Martel. Et c'est le même trio du but précédent, qui amènera le 6ème but mulhousien quelques minutes plus tard par RUOKAMO, assisté de Da Silva et Preuss (6-1 à 46.07). La machine toulousaine est totalement sous l'eau et les quelques tirs de Prunier de la ligne bleue n'inquiète aucunement le portier mulhousien. Il aura par contre à fournir un tout autre travail sur les tirs suivants d'Alexis Codevelle, de Flinck et de Pourtanel, qui l'obligent à sortir le grand jeu, avec de superbe parades de la botte ou de la mitaine qui soulèvent le public déchainé.
Les deux équipent se ruent alternativement à l'assaut du but adverse, et Stahre, amène à son tour Chatelin à se surpasser pour repousser son tir sur-puissant, ou encore Pierrel qui l'oblige aussi à se servir habilement de sa mitaine. Mais les Mulhousiens tiennent parfaitement leur match en mains et c'est justement STAHRE, qui marque le 7ème but à 52.46 sur passe de Ruokamo et Croteau (7-1). Toulouse, archi dominé, vexé, continue son jeu de provocation dans lequel tombent les Mulhousiens. Emmanuel Delpet, encore lui, s'accroche avec Croteau, et les joueurs sont à deux doigts de s'expliquer avec leurs points. Ils sont priés tous deux d'aller se calmer en pénalité.
Mais cela ne calme aucunement les autres joueurs ! Bringuet se fait ainsi très violement cingler par Pourtanel lorsqu'il part vers le but adverse. Cette fois-ci les arbitres lèvent simultanément le bras pour signaler la faute, mais BRINGUET se fait justice immédiatement en inscrivant le 8ème but pour son équipe (8-1 à 54.54). Et l'addition va se corser encore moins d'une minute plus tard par RUOKAMO sur passe de Quinto et Pierrel (9-1 à 55.44).
Chatelin, très énervé, laisse sa place à Thomas Labonne pour la fin de du match.
A la 57ème minute, alors qu'il a perdu sa crosse, Romain Pierrel, très remarqué ce soir, continue l'action en contrôlant le palet du patin pour le transmettre à Ruokamo qui part seul au but. Pourtanel revient sur lui et l'accroche avant qu'il ait pu armer son tir : C'est le tir de pénalité indiscutable. RUOKAMO se fait justice lui-même en trompant Labonne pour la première fois. (10-1 à 57.04)
Le match est plié depuis un bon moment déjà, mais cela n'empèche pas les joueurs de continuer leur jeu de provocation ; et cette fin de troisième tiers est haché par les pénalités. A 58.34, une nouvelle bagarre éclate amenant Martin Serra et Emmanuel Delpet (encore et toujours !) pour Toulouse et Tupy et Eloranta pour Mulhouse à suivre la fin de la rencontre du banc des pénalités. Le public est chauffé à blanc des deux côtés des tribunes, et il faut un appel au calme du speaker pour que le jeu puisse reprendre.
Croteau se verra une dernière fois sanctionné 20 secondes avant la fin pour une faute totalement inutile et le dernier mot de la partie reviendra à MARTEL, encore superbe ce soir, qui arrêtera un gros tir de Pradel avec sa mitaine à 1s de la fin !
Victoire donc sans appel de Mulhouse à l'issus d'un match où on aura connu le meilleurs dans le premier tiers, et le pire dans les suivants avec des gestes peu en rapport avec une confrontation sportive. Ce soir, surface glacée et ring se sont confondus !
Malgré tout, les Mulhousiens ont montrés de bien belle choses techniquement, et cela est très encourageant pour la suite du championnat. Mais avant d'affronter successivement Mont-Blanc2 et Clermont lors de deux déplacements, une bien belle affiche les attend dès mardi prochain pour la deuxième journée de Coupe de France. Les Scorpions recevront à 20h30 l'équipe des Phénix de Reims qui évolue en Division 1. Un match qui promet d'être passionnant et qui pourrait permettre aux Mulhousiens de passer ce tour pour affronter une équipe de Ligue Magnus en 8ème de finale.
Christian C.
|